La Dyslexie, c'est quoi ?

Définition : Mieux comprendre les bases de ce trouble : origine, nature et critères de diagnostic.

La Dyslexie est un trouble qui affecte l’apprentissage et l’usage de la lecture. Elle se caractérise par une lecture imprécise, particulièrement fatigante et les textes lus donnent le sentiment de ne pas être compris.

Cependant, ce trouble peut également influencer les compétences en écriture, en mathématiques et dans l’apprentissage d’une nouvelle langue. En effet, à l’école, l’ensemble des consignes, des énoncés et des réponses à fournir sont sous formes écrites et doivent être lu. Ainsi, des erreurs peuvent être causées par une mauvaise compréhension de la consigne. Parallèlement, certaines personnes dyslexiques peuvent confondre les lettres et les chiffres visuellement proches (comme “1” et “i” ou “3” et “e”) entre eux.

La Dyslexie se retrouve à travers le monde et les cultures, et ce, quel que soit le système d’écriture (alphabet ou 1 signe = 1 mot). Cependant la sévérité du trouble dépend notamment de :

  • la “transparence de la langue”, qui est la correspondance entre l’oral et l’écrit (est-ce que les mots s’écrivent de la manière dont ils se prononcent). Le français est considéré comme une langue particulièrement opaque car une lettre peut produire plusieurs sons (ou être muette), la combinaison de plusieurs lettres induisent des sons spécifiques, etc.
  • la reconnaissance de la dyslexie comme un trouble neurodéveloppemental (et non comme un manque de motivation ou d’instruction). Reconnaître la Dyslexie comme un trouble permet d’accompagner les personnes concernées de manière adaptée (ce qui réduit la sévérité des symptômes).

Il existe trois formes de Dyslexie, chacune d'entre elles provient d’une altération spécifique des processus impliqués dans la lecture.

Dyslexie phonologique

Les personnes présentant une dyslexie phonologique ont des difficultés à distinguer les sons à l’oral, à apprendre les règles d’association entre les syllabes et les sons, et à segmenter les mots en syllabes.
Par conséquent, la personne dyslexique favorisera la lecture globale et aura tendance à “deviner” les mots. Bien que la lecture puisse sembler fluide, celle-ci est particulièrement fastidieuse pour les mots nouveaux et les mots visuellement proches peuvent être inversés.

Dyslexie de surface

aussi appelée dyslexie lexicale, la personne dyslexique de surface présente d’importantes difficultés à lire les mots dont la prononciation s’éloigne de leur écriture et les mots irréguliers (ex. “femme” est lu “feume”). Aussi, elle maîtrise mal les syllabes complexes (“euil”, “oin”, etc.).
La lecture est lente, hachée et peut induire des difficultés pour déduire le sens du texte lu.

Dyslexie mixte

La dyslexie mixte combine l’ensemble des formes de surface et phonologique. A ces difficultés s'ajoutent souvent des difficultés à suivre les lignes de texte du regard et à isoler les mots sans tenir compte des lignes alentour.

Ces différentes formes de dyslexie sont dues à des dysfonctionnements de certaines étapes de la lecture. Le tableau ci-dessous vous permettra de mieux les comprendre.


Lorsque l’on est confronté à un mot, plusieurs stratégies peuvent être utilisées spontanément pour le lire. Ces stratégies dépendent des caractéristiques du mot et de la présence ou non d’un Trouble.

Voici une explication simplifiée des processus nécessaires à la lecture (appelé “modèle à double voies”) :

  • Dans un premier temps, le traitement visuel permet d’isoler les lettres qui sont comprises dans le mot en faisant abstraction des mots alentours. Un dysfonctionnement à cette étape de la lecture pourra induire une Dyslexie Mixte.
  • La voie d'assemblage est utilisée principalement pour les mots inconnus, les pseudomots (mots inventés) et les mots peu fréquents.
    La personne décode le mot en convertissant les lettres (ou les groupes de lettres) en sons (exemple : “f + l + eu + r” → “fleur”). Un dysfonctionnement à cette étape de la lecture pourra induire une Dyslexie Phonologique.
  • La voie d’adressage repose sur la reconnaissance globale des mots familiers, qu’ils soient ou non irréguliers.
    La personne reconnaît le mot à lire parmi les mots de leur “stock de mots déjà connu”. Chaque mot est ensuite associé à son sens sans avoir besoin d’être déchiffré phonologiquement. Un dysfonctionnement à cette étape de la lecture pourra induire une Dyslexie de Surface.

Les lecteurs “experts” utilisent généralement les deux voies de manière complémentaire.


Si vous réussissez à lire ce texte de manière fluide, sachez que vous utilisez une stratégie de lecture globale.

La voix globale est souvent utilisée par les personnes dyslexiques phonologiques pour compenser leur trouble car les lettres composant les mots peuvent être confondues (comme c’est le cas dans ce texte). Si vous prenez un mot au hasard dans ce texte, vous allez sûrement avoir des difficultés à le reconnaître spontanément.

Cela se rapproche de la sensation qu'ont les personnes dyslexiques de surface pour lire un mot, qu’il soit connu ou non. Évidemment, ce texte mouvant n’est qu’un exemple d’illustration qui a pour but de simuler les difficultés des personnes dyslexiques ; en réalité, lorsqu’une personnes dyslexique lit un texte, les lettres ne bougent pas “en temps réel”.

Source : https://psynap6.ch/simulation/

Origines du trouble : Comprendre les facteurs impliqués : génétiques, neurologiques et environnementaux.

La Dyslexie est un trouble neurodéveloppemental. De ce fait, elle est induite par un développement atypique du cerveau avant même la naissance et dans les premiers moments de la vie.

Pendant la grossesse, des facteurs génétiques et environnementaux vont influencer le développement du cerveau et induire des anomalies. Ces facteurs sont multiples et contribuent tous à augmenter la probabilité de développer un trouble ; ainsi, il n’existe pas 1 facteur ou 1 gène qui provoquerait à tous les coups une dyslexie.

Il semblerait que la dyslexie ait une composante génétique importante. En effet, 30 à 40 % des enfants dont l'un des deux parents présente une dyslexie sont porteur de ce même trouble.

Reconnaître les symptômes : Identifier les signes les plus courants à travers les différents profils.

Il est intéressant de noter que la plainte des enfants dyslexiques et des adultes dyslexiques peut être très différente.

Les enfants vont présenter des difficultés à lire et à écrire mais le plus souvent, ce sont les enseignants et la famille qui vont repérer les symptômes de dyslexie chez l’enfant.

Les adultes, eux, vont se plaindre d’une lecture trop lente et de difficultés à comprendre les textes lus. Cependant, on remarque que les adultes dyslexiques présentent rarement un véritable déficit de compréhension, mais la lecture est pour eux plus lente, fastidieuse et fatigante et ce qui peut leur donner la sensation de ne pas avoir compris ce qu'ils ont lu.

Les personnes dyslexiques sont également plus susceptibles d’avoir une faible estime d’elles-mêmes, de manifester des symptômes anxieux ou dépressifs, et de ressentir des incertitudes quant à leurs vies scolaire, universitaire et professionnelle.

Les personnes dyslexiques, quel que soit leur âge, ont plus tendance à chercher leurs mots lorsqu’elles parlent et ont plus de difficultés à planifier leurs journées et s'organiser dans le temps.

Lors de la lecture, une personne dyslexique peut avoir des difficultés à :

  • Lire les mots irréguliers et les mots communs (si Dyslexie de surface)
  • Lire les mots nouveaux, cependant les mots communs ou irréguliers sont lu correctement (si Dyslexie phonologique)
  • Distinguer les syllabes visuellement proches (“ua” au lieu de “na”)
  • Distinguer les mots visuellement proches (“fâche” au lieu de “tâche”)
  • Distinguer les sons proches (p/b, m/n, t/d, s/z, en/on, etc.)
  • Lire les lettre dans le bon ordre (“por’” au lieu de “pro”)

Si on demande à la personne dyslexique de manipuler un mot, elle aura sûrement des difficultés à :

  • Décomposer les sons d’un mot (“sac” = /s/ + /a/ + /k/)
  • Épeler un mot ou une suite de lettres
  • Repérer les rimes
  • Distinguer les syllabes d’un mot
  • Retrouver l’étymologie commune entre les différents mots

De part les atteintes phonologiques, une personne présentant une dyslexie phonologique ou mixte peut présenter des difficultés dans la compréhension du langage oral telles que :

  • La distinction des sons proches à l’oral
  • La distinction des syllabes d’un mot inconnu ou d’un nom propre
  • La différenciation des sons d’une langue étrangère
  • Ne pas confondre les mots phonologiquement proches (“j’ai vu” pourrait être compris “j’ai bu”)

Lorsqu’une personne dyslexique phonologique ou mixte parle elle peut :

  • Ajouter ou oublier des lettres (dire “ecapade” au lieu “escapade”)
  • Ajouter ou oublier des syllabes (dire “démarialisé” au lieu de "dématérialisé")
  • Chercher ses mots
  • Confondre les mots dont la prononciation est proche
  • Avoir des difficultés à dire ou écrire un mot composé de nombreuses syllabes
Comorbidités : Découvrir les troubles fréquemment associés et leurs interactions possibles.

La Dyslexie est souvent associée à une Dysorthographie, une Dyspraxie ou un Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).

Les personnes dyslexiques ont plus souvent tendance à avoir une faible confiance et estime d’elles. Elles sont plus susceptibles de développer des angoisses ou des dépressions qui elles-mêmes induisent des difficultés à lire et à parler à l’oral.

De par les difficultés à distinguer les phonèmes, nous constatons qu'un enfant dyslexique sur deux présente un retard de langage oral. Cela suggère qu’il peut y avoir un lien étroit entre la dysphasie et la dyslexie.

Attention aux signes trompeurs : Distinguer les idées reçues, les confusions possibles et les manifestations moins visibles.

Des difficultés de lecture peuvent apparaître pour de multiples raisons. Par exemple, il faut s’assurer que la personne n’ait pas de problème de vue ou de concentration, ou que les difficultés rencontrées ne puissent pas mieux être expliquées par une autre problématique. De plus, ces difficultés doivent être présentes depuis l’apprentissage de la lecture et persister dans le temps.

Nous pouvons également noter que la dépression engendre des difficultés attentionnelles significatives qui peuvent influencer la lecture, particulièrement pour les enfants. Consulter un pédopsychiatre peut ainsi être nécessaire en cas de suspicion.

Aide à la gestion du trouble : Trouver des pistes concrètes pour mieux s’organiser et vivre au quotidien.

Une posture bienveillante et un environnement calme

Quel que soit l’âge, la dyslexie peut impacter l’ensemble des sphères de la vie. Les symptômes se manifestent dans la sphère scolaire dans diverses matières (ex. les exercices et les évaluations sont majoritairement réalisés à l’écrit), dans la sphère professionnelle (ex. lire un mail, lire un contrat de travail, etc.) et dans la sphère personnelle (ex. lire un SMS, faire une démarche administrative, etc.).

En étant confronté de manière répétées à ses difficultés (voir à des discours péjoratifs), la personne peut douter d’elle-même, être réticente à réaliser certaines tâches et les éviter.
Reconnaître la dyslexie comme un trouble (et non un manque de motivation ou de compétences) permet de placer la personne dans une dynamique de progression dans laquelle elle peut être accompagnée sans être culpabilisée.

Ainsi, il est primordial d’être bienveillant, de valoriser les efforts et les points forts de la personne et d’accepter ses limites.
De la même manière, un environnement calme et sans distractions (sans bruit de fond, mouvement, etc.) est essentiel à la bonne mise en place de stratégies de compensation.

Enfin, il est important de rappeler que la personne dyslexique compense d’elle-même ses difficultés par de multiples stratégies sans que l’environnement ne s’en aperçoive, parfois même sans qu’elle n’ait reçu un diagnostic. Cependant, ces stratégies induisent au fil de la journée une importante fatigue.
De fait, permettre à la personne dyslexique de planifier ses activités de manière optimale et autoriser des pauses, favorise l’application des différentes stratégies.

Soyez bienveillant lorsque la personne dyslexique lit. Il est totalement inutile d’adopter des attitudes culpabilisantes ou humiliantes : ne pas le punir, ne pas le comparer aux autres, ne pas le disputer, etc.

Parallèlement, privilégiez le mot “erreur”. Une erreur peut être corrigée, alors qu’une “faute”, par exemple, renvoie à un manquement moral et installe un sentiment de honte.


Améliorer sa conscience phonologique

La conscience phonologique est la capacité à analyser et manipuler les sons qui composent un mot (par exemple, le mot “tabouret” est composé des sons [t]+[a]+[b]+[ou]+[r]+[é]).
Cette habilité est essentielle dès les premières étapes de l’écriture, car il est nécessaire d’identifier correctement les sons entendus afin de les retranscrire.

Voici trois jeux visant à entraîner la conscience phonologique. Ils sont complexes, car il faut diviser correctement les sons que l’on entend et se détacher de l’orthographe des mots. Ils permettent également de mieux lire et mieux écrire les mots sans oublier ou mélanger les sons.

Jeu 1 : la courses aux sons

Règle du jeu : Les joueurs doivent, à tour de rôle, trouver un mot qui contient 1 son de plus que le mot précédent qui a été prononcer précédemment.

  1. Le mot “chat” est composé de deux sons ([ch]+[a])
  2. Le mot “chien” est composé de trois sons ([ch]+[i]+[un])

Jeu 2 : Devine les rimes

Règle du jeu : Les joueurs écoutent ou lisent deux mots et doivent dire s’ils riment ou non en se basant sur leur son final.

  1. Est-ce que “noir” et “soir” riment ?
  2. Est-ce que “chien” et “moyen” riment ?
  3. Est-ce que “homme” et “trombone” riment ?
  4. Est-ce que “cheville” et “ville” riment ?

Jeu 3 : Explore les sons

Règle du jeu : Les joueurs décomposent, à tour de rôle, les sons des mots d’objets autour d’eux. Ce jeu peut également fonctionner avec des mots que les joueurs peuvent entendre dans votre environnement.

  1. Décomposer le nom d’objets ou de lieux qui nous entourent
  2. Décomposer le nom d’objets qui commence par un son particulier (ex. débute par le son [p])
  3. Décomposer des mots d’une thématique particulière (ex. animaux, pays, nourriture)

Améliorer sa conscience morphologique des mots

La conscience morphologique est la capacité à comprendre et manipuler les morphèmes (préfixe, radical, suffixe, …). Par exemple, le mot “bilatéral” provient de la base “latéral” auquel est ajouté “bi”.

Or une personne dyslexique a souvent plus de difficulté à retenir l’orthographe des mots. En entraînant sa conscience morphologique, elle va pouvoir acquérir l’écriture d’un plus grand nombre de mots et va induire des règles étymologiques qui vont lui permettre de mieux manipuler les nouveaux mots et les mots comportants des lettres muettes.

Jeu 1 : Mots en commun

Règle du jeu : Les joueurs comparent des paires de mots et doivent dire s’ils partagent un préfixe, un suffixe ou un radical commun, ou s’ils n’ont aucun élément en commun.

  1. Est-ce que “embarquer” et “employés” ont le même préfixe ?
  2. Est-ce que “acteur” et “docteur” ont le même suffixe ?
  3. Est-ce que “décoloration” et “multicolore” ont le même radical ?

Jeu 2 : Mot magique

Règle du jeu : Les joueurs créent de nouveaux mots en assemblant des préfixes, radicaux et suffixes, puis inventent une définition logique correspondant au mot qu’ils ont formé.

  1. périconscience = péri (qui signifie “autour de” comme dans “périmètre”) + conscience. Cela pourrait signifier “un état de conscience altéré”
  2. biochronologie = bio (qui signifie “la vie” comme dans “biographie”) + (“chrono” qui signifie “le temps” comme dans “chronomètre”) + logie (qui signifie “l’étude” comme “géologie”). Cela pourrait signifier “l’étude tout au long de la vie”

Jeu 3 : Racine commune

Règle du jeu : Les joueurs choisissent un mot existant, en recherchent l’étymologie, puis doivent trouver un ou plusieurs autres mots construits à partir de la même racine.

  1. Le mot “amour” vient du latin “amare” qui signifie “aimer”. On la retrouve également dans “aimable” (qui signifie “digne d’être aimé”) et “amateur” (qui signifie “passionné de”)
  2. Le mot "technologie" remonte à la racine grecque "techne", qui signifie "art" ou "compétence". Cette racine a également donné le mot "technique" (qui se rapporte aux méthodes ou aux procédures utilisées pour réaliser quelque chose).

Favoriser la lecture dans toutes les sphères de la vie :

Lors d’activités de lecture, l’environnement doit être calme en limitant au maximum les bruits de fond (télévision, discussions, …). Vous pouvez également déterminer en amont une estimation du temps nécessaire pour effectuer l’activité, si celle-ci est insuffisante, réalisez une courte pause avant de poursuivre afin de préserver l’énergie de la personne dyslexique.

Amenez la personne dyslexique à apprécier la lecture en proposant la lecture d’histoires ou l’écoute de livres audio en lien avec ses centres d’intérêts. Proposez-lui de participer lors de l’histoire (ex. décrire les illustrations, réfléchir à voix haute, faire des liens entre les évènements, …).
Même pour une personne plus âgée, passer par un centre d’intérêt peut contribuer à la volonté de progresser lors de difficultés de lecture. Permettez aussi à la personne dyslexique de lire ou de se relire en marmonnant, ce qui permet de vérifier la syntaxe et parfois la conjugaison ainsi que les accords.

Dans la sphère scolaire et académique :

Dans la sphère scolaire et académique, la Dyslexie affecte particulièrement la capacité de l’élève à apprendre différents concepts et même à en restituer certains qu’il a pourtant acquis. Il est donc essentiel de proposer divers accompagnements afin de sélectionner ceux qui permettront à l’élève de progresser dans les différents apprentissages.

Pour la prise de note, des cahiers spécifiques utilisant des interlignes de différentes tailles peuvent permettre à la personne dyslexique de mieux se repérer et relire plus facilement ses propres productions (ex. cahier Serpodile, cahier Gurvan, ...).
Nous pouvons également recommander l’utilisation d’ordinateurs qui rendent la prise de note plus simple, notamment en permettant d’adapter directement la taille et la police d'écriture, ainsi que l’importance des interlignes et de l'espace entre les lettres. L’utilisation de synthèse vocale peut également permettre de faciliter la prise de notes.
Dans certains cas, des preneurs de notes peuvent compléter la prise de note de l’élève dyslexique. Attention, cette responsabilité est lourde si elle est réalisée par un autre élève, et n’est pas un gage de qualité et de clarté.

Lors d’un examen, l’élève peut organiser son temps selon les questions rapportant le plus de points et celles rapportant le moins de points.
La dyslexie engendrant une importante fatigue, il est recommandé de réaliser plusieurs pauses de quelques minutes pendant un examen, pour cela, la mise en place d’un tiers temps peut être favorable.

Cependant, les étudiants dyslexiques ayant parfois des difficultés à se représenter le temps ou à s’organiser, nous recommandons aux enseignants d'afficher l’heure en classe et de faire des rappels du temps restant.
Il a aussi été démontré que le temps majoré, s’il est mal utilisé, n’est pas bénéfique, voire délétère. Pour pallier cela, certains établissements proposent des formations à destination des élèves et/ou les enseignants afin de leurs permettre de mieux le comprendre et l’utiliser.

Réaliser un plan précis des réponses tout en estimant le temps nécessaire à la rédaction finale de chacune d'entre elles ainsi que prévoir un temps de relecture est une stratégie de compensation conseillée. Cependant, elle nécessite une bonne connaissance de ses capacités et de l’entraînement en amont pour fonctionner et rendre certaines tâches moins difficiles. De plus, pour que cette stratégie soit réalisable, le nombre de points attribué à chaque question doit être fourni en amont.

Lors de l’apprentissage d’une langue étrangère, les élèves dyslexiques rapportent souvent des difficultés à écrire, lire et à parler cette nouvelle langue. Par conséquent, les examens sur table ajoutent une difficulté supplémentaire qui n’est pas représentative des compétences réelles de l’élève. Afin d’avoir une meilleure représentation des compétences de l’élève dyslexique, l'enseignant peut proposer tout au long du trimestre différentes formes d’évaluation telles que des présentations orales, des examens sous forme de fiches de lecture, la mise en place de contrôle continu…

Nous recommandons aux personnes dyslexiques de consulter leurs copies, d’autant plus en cas de mauvaises notes. En effet, la consultation de copie permet à la fois de mieux comprendre les erreurs de compréhension de cours, mais aussi les erreurs qui ne relèvent pas de la dyslexie.
Pour les enseignants, ce temps permet également de fournir des commentaires positifs et constructifs afin de ne pas décourager l’élève. Dans la mesure du possible, il est conseillé qu’une partie des pistes d’améliorations proposées n’aient pas de rapport avec la Dyslexie.

Écrire en évidence les nouveaux mots, les mots importants, les noms propres et les sigles peut être d’une aide précieuse.
Proposer des supports clairs et accessibles en amont d’une leçon peut inciter les élèves à s’approprier la structure du cours et les nouveaux mots.
Lors d’un enseignement, préférez une voix claire et une bonne articulation, plutôt qu’une voix trop rapide ou trop lente. Veillez aussi à ce que l’environnement n'induise pas des difficultés à comprendre votre discours (ex. environnement bruyant, résonance, …).

Pour les étudiants dyslexiques, le fait d’avoir plusieurs consignes sur la même page peut constituer des difficultés de compréhension. Par conséquent, nous recommandons de présenter une ou deux consignes courtes, actives plutôt que passives, par page (par exemple “décrivez l'événement de la date X” au lieu de “Votre réponse comportera la description de l'événement de la date X”). Vous pouvez également lire la consigne avec l’apprenant et vérifier sa compréhension en lui demandant de vous donner un exemple.
Vous pouvez vous-même illustrer vos consignes d’un exemple que l’apprenant devra expliquer.

Certaines modifications peuvent être appliquées directement au texte afin de faciliter la lecture. Une attention particulière doit être portée aux besoins de la personne dyslexique car la mise en place d’un aménagement peut faciliter ou entraver la lecture.

  • Favoriser une police d’écriture assez grande (au moins taille 13pt)
  • Agrandissez les interlignes (entre 1,5 et 2)
  • L’utilisation de police d’écriture sans Sérif facilite la distinction des lettres (f / t, m / n, …). Cependant, cela peut augmenter les risques de confusion entre les lignes, il est donc conseillé d’utiliser une police sans sérif avec un espacement entre les lignes (interligne) plus élevé.
  • Augmenter l’espacement entre les lettres favorise la reconnaissance des lettres mais rend difficile la délimitation des mots si l’espacement est trop important.